Roller Skating Magazine, octobre 1979
(©Vintage EveryDay).
mercredi 17 juin 2015
dimanche 12 avril 2015
dimanche 1 février 2015
Hollywood, la beauté et la technologie
Alors que l’objectif principal du cinéma consiste à embellir les
visages de ses stars, il n’en a pas toujours été ainsi. A leur origine, alors
que les films étaient tournés sur pellicule orthochromatique (dominante
jusqu’en 1927), et plus tard sur pellicule panchromatique, il fallut trouver
des stratagèmes afin d’atténuer les défauts de l’image.
Une fois le film tourné, les ombres du visage étaient bien plus profondes
qu’en réalité, les yeux bleus semblaient dépourvus de couleur, les rougeurs
ressemblaient à des taches de rousseurs et celles-ci à des traces de boue,
alors que le rouge à lèvres dessinait une béance sombre jugée
« négroïde ». Et le maquillage
couramment utilisé dans le domaine du théâtre provoquait des effets désastreux une
fois transposé au cinéma.
Pour contrer les imperfections du support film, on inventa des produits de maquillage adaptés
au médium et à ses transformations techniques, allant parfois jusqu’à enlaidir les visages des
protagonistes. C’est le cas des speakerines américaines des années 1940,
lesquelles, pour apparaître à l’écran à leur avantage, devaient être grimées
avec des ombres peu flatteuses puisque les nouvelles caméras utilisées alors
transmettaient les images en négatif.
C’est un immigré polonais né en 1877, Max Factor, qui développa pour
l’industrie cinématographique des produits permettant de sublimer les défauts
inhérents à la technologie, ainsi qu’au physique des acteurs accédant au statut
de stars. Il dût ainsi faire face à des nombreux défis tout au long de sa
carrière, les types de supports photochimiques, les éclairages, les effets
spéciaux et les canons esthétiques ne cessant de varier.
Non seulement il créa des styles de beauté en fonction de chaque star (Rudolph
Valentino, Joan Crawford, Marlène Dietrich, Gloria Swanson, etc.), mais encore
il développa une industrie florissante autour du marché de la beauté, laquelle
a persisté jusqu’à nos jours.
Ce fragment de l’histoire du cinéma nous enseigne combien les relations
entre l’image animée et la beauté sont plus complexes qu’elles n’y paraissent, l’harmonie
appelant parfois la laideur afin de se révéler. Il représente en outre un lieu d’observation
privilégié des modifications subies par les normes de la perfection physique
qui dépendent autant de facteurs culturels, historiques, sociaux que
technologiques.
mardi 25 novembre 2014
Le vintage à l'Université
On savait le commerce
du vintage florissant, mais depuis quelque temps, c’est au tour des Universités
de mener des recherches sur cet engouement pour le passé, notamment à travers
des colloques et des publications académiques. Il n’agit pas de proposer des
formations à l’antiquariat ou des tables rondes réunissant des passionnés, mais
bien de stimuler les études universitaires consacrées au vintage comme
phénomène culturel, social, historique et économique.
La preuve en est avec
la revue NECSUS (The European Journal
of Media Studies) qui consacre son numéro d’automne 2015 au vintage. L’appel à contribution explicite le besoin de
comprendre les enjeux posés par les relations entre passé et
présent, obsolescence et progrès, à une époque obsédée autant par les nouvelles
technologies que les anciennes.
La publicité et le marketing sont en particulier
touchés par une vague de nostalgie repérable dans beaucoup de domaines
culturels : cinéma, télévision, arts, musique, mode, gastronomie, tourisme
et décoration d’intérieur. Contrairement à la notion de « rétro » et
de « nostalgie », le terme de « vintage » a peu été examiné
sous l’angle critique et théorique, et ce malgré son ubiquité dans les champs
de la mode et du design.
Ce flottement est certainement dû à la prolifération
de ses acceptions et de ses applications, mais également à la complexité d’une
notion qui dépend à sont tour de la manière dont on envisage le goût et les
valeurs dans un contexte socio-historique donné. Située quelque part entre
l’ironie rétro et la sobriété de l’objet antique, distinct du kitsch et de la
fripe, le vintage abrite une série de connotations qui se modifient selon les cultures
et les époques. Polymorphe et fluide, la notion de vintage apparaît dans des milieux
disparates, traversant ainsi des espaces, des identités, et des pratiques
hétéroclites.
Si l’histoire et la
philosophie ont tenté de saisir les liens de l’humain à son histoire à
travers les modes de représentation et les manières de voir (Walter Benjamin,
Jean Baudrillard), il reste encore bien des questions ouvertes quant à notre
attachement pour le passé, à ses objets fétiches, et à ses répercussions sur notre
vision du présent.
Partant, on peut se
demander si une « théorie du vintage » est possible, et si oui, sous
quelle forme : en l’articulant à des pratiques du souvenir à la fois
personnel et collectif ? A une réflexion sur le consumérisme et les affres
de la société post-capitaliste ? A l’histoire des médias et des discours
contrastés qu’ils génèrent, partagés entre technophilie et technophobie ? A une histoire des goûts culturellement déterminés ? L’appel à
contribution de la revue NECSUS propose à ce sujet un liste de thèmes et de
mots-clés qui peuvent servir d’inspiration : rétro-technologie, pratiques collectionneuses, théories psychanalytiques du manque et de la perte, questions de l'archive et de la conservation, de l'authenticité et de l'aura, etc.
L’étude des médias semble offrir un terrain privilégié à l’analyse des phénomènes nostalogiques, comme
l’illustrent les ouvrages de Katharina Niemeyer (dir.), Media and Nostalgia : Yearning for the Past, Present and Future
(Palgrave Macmillan, 2014), de Amy Holdsworth, Television, Memory and Nostalgia (Plagrave Macmillan, 2011), de
Lucas Hilderbrand, Inherent Vice :
Bootleg Histories of Videotape and Copyright (Duke University Press, 2009)
ou de Simon Reynolds Retromania :
Pop Culture’s Addiction ot Its Own Past (Faber & Faber, 2011).
Ces travaux tentent chacun à leur manière de s’interroger sur la signification des mouvements de
« rétromania » qui imprègnent notre époque et notre culture
contemporaines, l’enjeu consistant à appréhender de manière rationnelle des
phénomènes diffus, avec les outils que nous offrent aujourd'hui les sciences humaines. Peut-être que de ces efforts naîtront des Vintage Studies entièrement consacrées aux questions et problèmes entourant un concept aussi polymorphe que riche en significations ?
mercredi 1 octobre 2014
Shooting avec Emilie Muller
La Robe de Mes Rêves vous fait découvrir quelques nouveautés à travers le regard de la photographe suisse Emilie Muller, récemment primée aux Swiss Award Design de Bâle. Une occasion de la féliciter pour son inspiration, son amitié et sa fidélité... et pour exprimer notre fierté de pouvoir collaborer avec celle qui réalise nos rêves visuels les plus cachés. Merci également à nos formidables modèles, Anouck et Leila, qui apportent fraîcheur et style à nos pièces.
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samedi 27 septembre 2014
Les filles des Ziegfeld Follies
Dès 1917, le photographe Alfred Cheney Johnston
réalise à New York une série de portraits d'actrices issues du monde de la scène
théâtrale et du cinéma... une ode à la femme des années folles.
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