dimanche 1 février 2015

Hollywood, la beauté et la technologie

Alors que l’objectif principal du cinéma consiste à embellir les visages de ses stars, il n’en a pas toujours été ainsi. A leur origine, alors que les films étaient tournés sur pellicule orthochromatique (dominante jusqu’en 1927), et plus tard sur pellicule panchromatique, il fallut trouver des stratagèmes afin d’atténuer les défauts de l’image.



Une fois le film tourné, les ombres du visage étaient bien plus profondes qu’en réalité, les yeux bleus semblaient dépourvus de couleur, les rougeurs ressemblaient à des taches de rousseurs et celles-ci à des traces de boue, alors que le rouge à lèvres dessinait une béance sombre jugée « négroïde ».  Et le maquillage couramment utilisé dans le domaine du théâtre provoquait des effets désastreux une fois transposé au cinéma. 


Pour contrer les imperfections du support film,  on inventa des produits de maquillage adaptés au médium et à ses transformations techniques, allant  parfois jusqu’à enlaidir les visages des protagonistes. C’est le cas des speakerines américaines des années 1940, lesquelles, pour apparaître à l’écran à leur avantage, devaient être grimées avec des ombres peu flatteuses puisque les nouvelles caméras utilisées alors transmettaient les images en négatif. 


C’est un immigré polonais né en 1877, Max Factor, qui développa pour l’industrie cinématographique des produits permettant de sublimer les défauts inhérents à la technologie, ainsi qu’au physique des acteurs accédant au statut de stars. Il dût ainsi faire face à des nombreux défis tout au long de sa carrière, les types de supports photochimiques, les éclairages, les effets spéciaux et les canons esthétiques ne cessant de varier.




Non seulement il créa des styles de beauté en fonction de chaque star (Rudolph Valentino, Joan Crawford, Marlène Dietrich, Gloria Swanson, etc.), mais encore il développa une industrie florissante autour du marché de la beauté, laquelle a persisté jusqu’à nos jours.




Ce fragment de l’histoire du cinéma nous enseigne combien les relations entre l’image animée et la beauté sont plus complexes qu’elles n’y paraissent, l’harmonie appelant parfois la laideur afin de se révéler. Il représente en outre un lieu d’observation privilégié des modifications subies par les normes de la perfection physique qui dépendent autant de facteurs culturels, historiques, sociaux que technologiques.




mardi 25 novembre 2014

Le vintage à l'Université

On savait le commerce du vintage florissant, mais depuis quelque temps, c’est au tour des Universités de mener des recherches sur cet engouement pour le passé, notamment à travers des colloques et des publications académiques. Il n’agit pas de proposer des formations à l’antiquariat ou des tables rondes réunissant des passionnés, mais bien de stimuler les études universitaires consacrées au vintage comme phénomène culturel, social, historique et économique. 


La preuve en est avec la revue NECSUS (The European Journal of Media Studies) qui consacre son numéro d’automne 2015 au vintage. L’appel à contribution explicite le besoin de comprendre les enjeux posés par les relations entre passé et présent, obsolescence et progrès, à une époque obsédée autant par les nouvelles technologies que les anciennes.


La publicité et le marketing sont en particulier touchés par une vague de nostalgie repérable dans beaucoup de domaines culturels : cinéma, télévision, arts, musique, mode, gastronomie, tourisme et décoration d’intérieur. Contrairement à la notion de « rétro » et de « nostalgie », le terme de « vintage » a peu été examiné sous l’angle critique et théorique, et ce malgré son ubiquité dans les champs de la mode et du design.  


Ce flottement est certainement dû à la prolifération de ses acceptions et de ses applications, mais également à la complexité d’une notion qui dépend à sont tour de la manière dont on envisage le goût et les valeurs dans un contexte socio-historique donné. Située quelque part entre l’ironie rétro et la sobriété de l’objet antique, distinct du kitsch et de la fripe, le vintage abrite une série de connotations qui se modifient selon les cultures et les époques. Polymorphe et fluide, la notion de vintage apparaît dans des milieux disparates, traversant ainsi des espaces, des identités, et des pratiques hétéroclites.


Si l’histoire et la philosophie ont tenté de saisir les liens de l’humain à son histoire à travers les modes de représentation et les manières de voir (Walter Benjamin, Jean Baudrillard), il reste encore bien des questions ouvertes quant à notre attachement pour le passé, à ses objets fétiches, et à ses répercussions sur notre vision du présent. 


Partant, on peut se demander si une « théorie du vintage » est possible, et si oui, sous quelle forme : en l’articulant à des pratiques du souvenir à la fois personnel et collectif ? A une réflexion sur le consumérisme et les affres de la société post-capitaliste ? A l’histoire des médias et des discours contrastés qu’ils génèrent, partagés entre technophilie et technophobie ? A une histoire des goûts culturellement déterminés ? L’appel à contribution de la revue NECSUS propose à ce sujet un liste de thèmes et de mots-clés qui peuvent servir d’inspiration : rétro-technologie, pratiques collectionneuses, théories psychanalytiques du manque et de la perte, questions de l'archive et de la conservation, de l'authenticité et de l'aura, etc.

 
L’étude des médias semble offrir un terrain privilégié à l’analyse des phénomènes nostalogiques, comme l’illustrent les ouvrages de Katharina Niemeyer (dir.), Media and Nostalgia : Yearning for the Past, Present and Future (Palgrave Macmillan, 2014), de Amy Holdsworth, Television, Memory and Nostalgia (Plagrave Macmillan, 2011), de Lucas Hilderbrand, Inherent Vice : Bootleg Histories of Videotape and Copyright (Duke University Press, 2009) ou de Simon Reynolds Retromania : Pop Culture’s Addiction ot Its Own Past (Faber & Faber, 2011). 


Ces travaux tentent chacun à leur manière de s’interroger sur la signification des mouvements de « rétromania » qui imprègnent notre époque et notre culture contemporaines, l’enjeu consistant à appréhender de manière rationnelle des phénomènes diffus, avec les outils que nous offrent aujourd'hui les sciences humaines. Peut-être que de ces efforts naîtront des Vintage Studies entièrement consacrées aux questions et problèmes entourant un concept aussi polymorphe que riche en significations ?

mercredi 1 octobre 2014

Shooting avec Emilie Muller

La Robe de Mes Rêves vous fait découvrir quelques nouveautés à travers le regard de la photographe suisse Emilie Muller, récemment primée aux Swiss Award Design de Bâle. Une occasion de la féliciter pour son inspiration, son amitié et sa fidélité... et pour exprimer notre fierté de pouvoir collaborer avec celle qui réalise nos rêves visuels les plus cachés. Merci également à nos formidables modèles, Anouck et Leila, qui apportent fraîcheur et style à nos pièces.





















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samedi 27 septembre 2014

Les filles des Ziegfeld Follies

Dès 1917, le photographe Alfred Cheney Johnston réalise à New York une série de portraits d'actrices issues du monde de la scène théâtrale et du cinéma... une ode à la femme des années folles.