mercredi 25 septembre 2013

La mode conjuguée au cinéma pluriel

Les collections automne-hiver 2013-2014 de prêt-à-porter ne laissent aucun doute quant au rôle décisif que joue encore et toujours l'histoire du cinéma sur la création. Si l'histoire de l'art et la musique exercent une influence indéniable sur les créateurs et stylistes, les films ne finissent pas d'inspirer la mode, à commencer par les grands classiques de l'ère hollywoodiennne.

Bette Davis, Marylin Monroe et création Céline

Cet intérêt de la mode pour le cinéma est cependant largement réciproque puisque nombre de créateurs seront appelés sur les plateaux pour créer les garde-robes somptueuses des stars, alors que des films placent la mode au centre de leur intrigue, à l'exemple de Qui êtes-vous Polly Maggoo? (1966) du photographe, peintre et cinéaste William Klein ou de Blow up de Michelangelo Antonioni, également de 1966.

Who are You Polly Magoo?



Cette année, le cinéma semble inspirer une mode très New Look qui fait valser les jupes et les robes dans leurs lignes H et A. De l'évasé au tube, tout est fait pour célébrer une silhouette féminine à souhait, quitte à renverser les hiérarchies et les convenances en portant le cardigan sous la robe déboutonnée.

Prada

Eva Marie Saint dans North by Northwest (A. Hitchcock, 1959)

Vivienne Westwood réinterprète All About Eve (J. L. Manckiewicz, 1950)

Côté matériaux et imprimés, on pense aux austères forties de Rebecca et à ses tailleurs simples en tweed ou en laine, ainsi qu'au film noir et ses héroïnes énigmatiques arborant des costumes deux pièces dont la sobriété est parfois atténuée par un détail en fourrure. Le pied de poule, les fines rayures verticales, les carreaux, et leurs déclinaisons diverses, animent tous les éléments d'une silhouette classique et élégante.

Katharine Hepburn


Lauren Bacall dans The Dark Passage (Delmer Daves, 1947)

Saboteur (A. Hitchcock, 1942)

Thomas Hilfliger

Valentino - Lauren Bacall dans The Dark Passage (1947)

Ermmano Scervino

Mildred Pierce (Michael Curtiz, 1945)


Stranger on the Third Floor (Boris Ingster, 1940)

Marlene Dietrich (Stage Fright, Hitchcock, 1950) - Hermès

Rebecca (Alfred Hitchcock, 1940)

Mulberry - Hedy Lamarr

A ces grandes tendances, s'ajoutent un goût pour les deux pièces masculins, le noir et blanc, les cols lavallière, les manteaux oversize, le rose bonbon et l'éternelle robe noire qui jamais ne se démode. Petit tour d'horizon.

Quand le masculin se féminise : 
cravates, noeuds papillons, cols lavallière, broderie fleurissent sur les chemisiers.

Dsquared - Ralph Lauren

Joan Crawford dans Johnny Guitare (Nicholas Ray, 1954) - Dries van Noten

Joan Crawford dans Mildred Pierce - Brigitte Bardot - Diane Keaton dans Annie Hall (W. Allen, 1977)


Ginger Rogers dans The Lady in the Dark (Mitchell Leisen, 1944)

Bette Davis - Lauren Bacall - Joan Crawford - Brigitte Bardot

L'ère des grands manteaux.
Aux robes cintrées inspirées des années 1940 et 1950, répondent les amples manteaux confortables, le plus souvent en total colorblock.

Kim Novak dans Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958)

Michael Kors - John Rocha - Carven

Nina Ricci - Blackmail (A. Hitchcock, 1929)

La robe de soirée se veut ultra sexy, Hollywood en ligne de mire : la présence de volants, bustiers, décolletés asymétriques ou plongeants, les détails rococo, etc. indique la permanence de certains codes éternels du glamour. Le contraste noir/blanc rappelle la fascination pour une époque révolue du cinéma.

Rita Hayworth dans Gilda (Charles Vidor, 1946)- Ralph Lauren - Joan Crawford

,
Elie Saab - Myrna Loy

Alexander McQueen - Claudia Cardinale dans Il Gattopardo (Luchino Visconti, 1963)  

Christian Dior - Frau im Mond de Fritz Lang (1929) - Ralph Lauren

Carolina Herrera - Ginger Rogers et Fred Astaire

 Le rose réchauffe l'hiver : 
on revisite le look babydoll sur des gammes tantôt sages, tantôt sauvages.

Prada - Miu Miu

An Affair to Remember (Leo McCarey, 1957)

Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's (Blake Edwards, 1961)

Nina Ricci

Catherine Marshall dans A Man Called Peter (Henry Koster, 1955)

Nastasia Kinski dans Paris, Texas (Wim Wenders, 1987) - Sonia Rykiel

L'imprimé léopard ... indémodable et indomptable.


Bluegirl - Burberry Prorsum

2 commentaires:

  1. Superbe article bravo.. Mes films préférés

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  2. Merci ! Ces films, on peut les voir et les revoir sans jamais se lasser ...

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